L'épargnant et l'inflation ne font pas toujours bon ménage !

GUILLAUME BAPTISTE/AFP

 

Depuis 2012, la menace s’appelait déflation. Afin de se prémunir de ce risque, la Banque centrale européenne mène une politique monétaire dite non conventionnelle (rachats d’obligation et taux directeur négatif). Ce qui était désirée hier, devient, aujourd’hui, une source de préoccupation.

 

L’inflation s’est élevé au mois d’août à 2,3 %. En retenant la moyenne des taux de ces 12 derniers mois, elle se situe autour de 1,8 %. Ce petit ressaut d’inflation est pour le moment très conjoncturel et avant tout la conséquence de la hausse des prix de l’énergie (+14% en un an). Actuellement, les épargnants peuvent subir une double peine avec des taux bas et une inflation en hausse.

 

Comment réagissent les différents produits d’épargne face à l’inflation ?

 

•  Les dépôts à vue, un non placement à succès particulièrement maltraité

 

Les Français ont tendance à laisser de plus en plus d’argent dormir sur leurs comptes courants (dépôts à vue), soit plus de 440 milliards d’euros (+ 30 milliards d’euros en un an). Avec une inflation à 1,8 %, les Français ont perdu, en un an, ainsi 8 milliards d’euros en termes de pouvoir d’achat.

 

• Les livrets réglementés dont les rendements sont gelés jusqu’en 2020 souffrent

 

Le taux du Livret A fixé à 0,75% depuis le 1er août 2015 ne devrait pas évoluer jusqu’au 1er février 2020. Avec une inflation moyenne de 1,8%, le rendement réel du Livret A est donc négatif de près d’un point. La situation n’est en rien comparable à celle qui prévalait dans les années 80. Le taux du Livret A était de 8,5% mais le taux d’inflation était de 13%, ce qui entraînait un rendement réel négatif de plus de 4 points.

 

Le Livret de Développement Durable et Solidaire étant soumis au même taux que le Livret A, subit le même sort. La situation est un peu moins dégradée pour le Livret d’Epargne Populaire dont le taux de rémunération est de 1,25%. Le rendement réel est négatif d’environ 1 point. Le rendement du Livret Jeune est fixé par les établissements qui le distribuent. Il ne peut être inférieur à 0,75%. Certains établissements proposent ce produit plafonné à 1600 euros et réservé au moins de 25 ans à un taux de 2 net d’impôt. Dans ce cas, le rendement reste positif autour de 0,25 point. Le Compte d’Epargne Logement est parmi les produits réglementés, celui le moins bien rémunéré, 0,5%. De ce fait son taux de rendement réel est négatif de 1,3 point. La situation des Plans d’Epargne Logement est plus contrasté. En effet, le taux servi est celui en vigueur au moment de l’ouverture du plan. Le rendement moyen des PEL était au mois de juin 2018 de 2,69%.

 

Mais ce taux pour des PEL de 1985 peut atteindre 4,75% et 6,13% avec la prime d’Etat. Pour ceux ouverts entre 2003 et 2015, le taux de rendement est respectivement de 2,50 et 3,50 %. Le rendement réel positif est donc en moyenne de 0,9 %. Net de prélèvements sociaux, le rendement réel est de 0,43 %. En revanche, pour les PEL ouverts depuis le 1er août 2016 assortis d’un taux de 1 % et encore plus pour ceux ouverts depuis le 1er janvier 2018 soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique, le rendement net d’impôt est de 0,7 point et donc le rendement réel net est négatif de 1,1 point.

 

• Les livrets bancaires, des produits durement touchés

 

Les Livrets bancaires sont confrontés à la baisse des taux et à la remontée de l’inflation. Selon la Banque de France, le rendement moyen est de 0,26 % En appliquant le Prélèvement Forfaitaire Unique (30 %), le rendement brut est 0,18 %. Après prise en compte de l’inflation, le rendement réel est négatif de 1,6 point.

 

• L’assurance vie, les unités de compte gagnantes

 

Les fonds euros sont confrontés également à la baisse des taux d’intérêt et à la hausse de l’inflation. En quelques années, le rendement des fonds euros est passé, en moyenne, de 5 à 1,8 %, soit le niveau de l’inflation. Avec la prise en compte de la fiscalité, le rendement réel net d’impôt est négatif de 0,5 à 0,8 point en fonction du régime fiscal (24,7 % ou 30 %). Cette perte est le prix de la garantie en capital. Le rendement passe donc de plus en plus par les unités de compte (+5 % en 2017). Les unités de compte dont le rendement moyen a été de 5 % en 2017 et les actions résistent mieux que les produits de taux à l’inflation. Les entreprises peuvent réagir en augmentant leurs prix. La valorisation des entreprises a tendance, dans une certaine mesure, à suivre le mouvement général des prix.

 

Plus d'informations...

 

Please reload

Suivez l'actualité de notre blog sur Linkedin

Posts Récents
Please reload

Abonnez vous à notre newsletter et bénéficiez des 5 conseils GRATUITS pour optimiser votre gestion de patrimoine !

Le Pire Ennemi de vos Impôts
55, avenue Marceau
75116 Paris
06 50 63 80 23
information@lpei.fr
  • Blanc Icône Instagram
  • White LinkedIn Icon
  • White Facebook Icon
  • White Twitter Icon
  • White Google+ Icon